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Paul et Virginie

  • Photo du rédacteur: mehdimauteur
    mehdimauteur
  • 8 mai 2024
  • 2 min de lecture

De Jacques-Henri Bernadin de Saint-Pierre, 1788,







« Mon amie, disait madame de la Tour, chacune de nous aura deux enfants, et chacun de nos enfants aura deux mères. »



Deux dames déchues pour des raisons différentes doivent quitter la France et trouvent refuge sur l'actuelle Île Maurice. L'une donne naissance à Paul et l'autre à Virginie. Loin de toute société, les deux familles vivent en paix et en harmonie, tandis que les enfants s'épanouissent main dans la main. Sous les traits du monde civilisé, le serpent s'immisce tout à coup dans le Jardin d’Éden...


C'est un petit récit très dépaysant avec beaucoup de belles images. Il s'inspire de Rousseau, notamment sur l'opposition Nature et Culture. Même s'il fait un peu « fleur bleue », il ne faudrait pas sous-estimer son influence.


1. Ce récit est une pastorale, donc un éloge de la vie dans la nature. Par éloge, il faut comprendre un panel d'images exotiques, comme lorsque l'auteur énumère des plantes exotiques ou décrit les travaux agricoles de Paul. C'est une nature de plus très personnelle puisque les familles donnent un nom aux lieux qui comptent pour eux comme « Le Repos de Virginie », une place à l'ombre, ou « La Découverte de l'Amitié », un rocher qui symbolise l'harmonie. En sommes, un grand paradis à l'usage de deux petites familles.


2. Bernadin de Saint-Pierre reprend des idées de Rousseau déjà développées, par exemple, dans « La Nouvelle Héloïse » (1761). On y trouve l'avilissement de l'individu par la vie citadine, avec ses normes et ses conventions sociales. Des valeurs comme la liberté ou l'égalité ne se trouvent donc que chez l'Homme à l'état de Nature, la société de Paul et Virginie dont l'auteur est nostalgique. Les sorts de Virginie et de Julie l'Estange nous rappelle enfin que « l'homme est né libre mais [que] partout il est dans les fers » (Du Contrat Social, 1762).


3. Ce livre a eu une portée considérable, entre autres chez Moustapha Al-Manfaluti, écrivain égyptien progressiste et anti-impérialiste. Celui-ci dédit son « الفضيلة  » (La Vertu, 3e édition en 1927), son adaptation arabe de Paul et Virginie, à la jeunesse égyptienne. Le refuge des protagoniste face à la France fait alors écho à l’Égypte sous tutelle britannique qui doit regagner le chemin de la Nature.


Pensez-vous que « Paul et Virginie » est dans l'air du temps ?


Bonne semaine !


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