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Le Rouge et le Noir

  • Photo du rédacteur: mehdimauteur
    mehdimauteur
  • 31 mars 2024
  • 2 min de lecture


Stendhal, 1830







Mme de Rênal était si heureuse, qu’elle osa dire à Julien :


– Vous ne gronderez pas trop ces pauvres enfants ?


– Moi, les gronder, dit Julien étonné, et pourquoi ?


– N’est-ce pas, Monsieur, ajouta-t-elle après un petit silence et d’une voix dont chaque instant augmentait l’émotion, vous serez bon pour eux, vous me le promettez ?



Ce roman a pour fil directeur le personnage de Julien Sorel, et son ascension sociale, se voulant imiter de près celle de Napoléon. Parallélement, sont décrites ses rencontres avec deux femmes sublimes et courageuses, Mme de Rênal, puis Mlle de la Mole, qui deviendront ses amantes, mais avec lesquelles les relations sont malheureusement vites agitées.


J'ai plutôt apprécié ce roman, que j'avais en réalité abandonné en cours de route il y a quelques années, faute de temps. Une bonne poignée d'éléments m'a cependant toutefois contrarié, sans que ça me fasse refermer le livre.


1. J'ai beaucoup aimé ses références à « La Nouvelle Héloïse », qui est cité directement, et indirectement à travers l'intrigue. Par exemple les destins de Mme de Rênal et de Julie sont fortement emmêlés, dans le sens où les deux personnages cherchent à tout prix à oublier leurs sentiments, sans succès, comme révélé à la fin des deux ouvrages. A plus large échelle, les romans veulent à mon avis explorer une individualité et montrer comment, en elle, les exigences de la société et la force des passions s'affrontent.


2. Ce qui est assez novateur et même assez brillant, c'est la façon d'utiliser un double point de vue pour montrer, en même temps, les pensées de deux personnages. Le principe est utilisé surtout entre Julien et Mme de Rênal, puis entre Julien et Mlle de la Mole. A mon avis, ça fait bien avancer l'intrigue, ça dévoile parfois des contradictions dans les sentiments des personnages, et ça donne voix au chapitre à tout le monde, ce pourquoi le titre prévu au départ, « Julien », serait réducteur, puisqu'on constate aussi bien les évolutions de Mme de Rênal et Mlle de la Mole.


3. Quelques éléments m'ont cependant contrariés. J'ai trouvé que le milieu du livre contrastait beaucoup avec le reste, et n'était pas très passionnant, en particulier le passage au séminaire. C'est dommage qu'on en ait pas plus appris sur Mme de Rênal dans cet intermède. Plus grave cependant, les personnages adoptent, à mon humble avis, des comportements à risque, sans que ce soit plus explicitement condamné. J'espère par exemple que la vague de suicide faisant suite à la publication des « Souffrances du jeune Werther » (Goethe) ne s'est pas reproduite. Un roman là encore trop réaliste qui n'invite pas suffisamment à la prudence.


Le roman a eu une portée importante ; ainsi, pour ses personnages féminins libres et indépendants, Simone de Beauvoir fait l'éloge de l'auteur : « Il est remarquable que Stendhal soit à la fois si profondément romanesque et si décidément féministe » (Le Deuxième Sexe).




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