La Peau de Chagrin
- mehdimauteur
- 20 avr. 2024
- 2 min de lecture
D'Honoré de Balzac, 1831

« Il pensa tout à coup que la possession du pouvoir, quelque immense qu’il pût être, ne donnait pas la science de s’en servir. Le sceptre est un jouet pour un enfant, une hache pour Richelieu, et pour Napoléon un levier à faire pencher le monde. Le pouvoir nous laisse tels que nous sommes et ne grandit que les grands. Raphaël avait pu tout faire, il n’avait rien fait. »
Nous suivons Raphaël de Valentin, un jeune homme désillusionné et au bord du gouffre. Au détour d'un chemin, il entre en possession d'un objet : la peau de chagrin. Grâce à celle-ci, il accède au pouvoir d'exaucer tous ses désirs. Sa trouvaille est cependant à double tranchant, car, à chaque vœu, sa ligne de vie rétrécit, ce que symbolise le rapetissement de la peau.
C'est un très bon roman pour découvrir l’œuvre de Balzac, que j'ai ainsi découvert il y a quelques années. Le récit est très vivant et j'ai en particulier apprécié l'aspect occulte. Par contre, je pense qu'il est un peu brouillon sur certains points, et j'ai moins aimé les phrases longues ainsi que les descriptions qui cassent le récit.
Je n'ai pour l'instant lu qu'un livre de Balzac et c'est celui-là. Avec cette lecture je commence cependant à m'intéresser au reste de ses ouvrages. Il semblerait qu'on y retrouve les mêmes personnages, par exemple Rastignac aussi présent dans Le Père Goriot. Je m'intéresse également à la personnalité de l'auteur, qu'on retrouve étrangement dans le personnage principal. L'acharnement de Raphaël de Valentin pour achever son chef-d’œuvre rappelle Balzac qui écrit : « Ce qu'il a entrepris par l'épée, je l'accomplirai par la plume » en faisant référence à Napoléon. Il y a encore d'autres ponts, comme leur jeune âge (Balzac n'a que 32 ans quand le roman est publié) ou le fait que les deux sont de grands travailleurs.
Ce roman fantastique est incroyablement vivant. Les descriptions qu'il fait sont très riches et originales. J'ai beaucoup aimé tout l'aspect mystérieux, voire occulte, comme lorsque le personnage décrit une à une les pièces chez l'antiquaire. De plus l'idée d'une peau de chagrin avec un talisman magique, m'a tout de suite fait penser au pacte avec le diable du Faust de Goethe. On retrouve la thématique du savant désabusé qui cherche à se satisfaire sur le temps court au détriment du temps long. Ce sont des aspects qui m'ont plu dans ce récit.
A l'inverse, il y a des points que j'ai moins appréciés. Le style des phrases était originale, mais je n'ai pas beaucoup aimé qu'il y est systématiquement des phrases longues. Je préfère largement le style plus sincère du Rouge et le Noir de Stendhal. Enfin, je dois signaler la terrible erreur sur le talisman : Balzac affirme que les paroles magiques sont en sanskrit alors que ce qui est écrit est de l'arabe. Ça m'étonne beaucoup qu'une telle bourde soit passer à travers le maille du filet...
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Passez une bonne journée, et je reviens prochainement avec une autre chronique :)
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Statue de Balzac par Alexandre Falguière : Lepetitlord, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons
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