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L'Étranger

  • Photo du rédacteur: mehdimauteur
    mehdimauteur
  • 8 mai 2024
  • 2 min de lecture

De Albert Camus, 1942,





« Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier. »


Dans les environs d'Alger sous domination française, nous découvrons les mésaventures de Meursault, un ingénu aux comportements imprévisibles qui lui vaudront bien du tord...

J'ai eu le plaisir de lire l’Étranger en lecture commune, et je remercie beaucoup les participants pour leur échange. Écouter des avis différents m'a aidé à construire une réflexion sur cet ouvrage. Dans ce commentaire, je souhaite me focaliser sur les personnages du roman, qui ont fait couler beaucoup d'encre dans la discussion.


1) Je trouve que c'est un roman déconcertant en parti dû à ses personnages. Ceux-ci sont tout simplement détestables. En majorité, ils sont souvent passifs et adeptes au « laissez-faire » : ils ne s'indignent pas. Ils adoptent de plus des comportements déplacés, voir choquants, à l'image de cet homme qui bât son chien en disant l'aimer. Donc, rien d'étonnant si je ne les ai pas trouvé attachant. Quant au personnage principal, Meursault, il est loin d'un modèle vertu, et, après lecture du début, je l'avais même désigné comme un « nihiliste dépressif ».


2) Cependant, j'ai trouvé Meursault beaucoup plus humain dans la seconde moitié. On peut davantage s'identifier au personnage dont le comportement non-conforme est pointé du doigt. Meursault aspire a une vie simple délestée de toute hypocrisie, et on lui fait payer pour ça. Il en vient à être jugé puis condamné : comme dans un régime totalitaire, il devient un ennemi public, un « étranger ». Ses ultimes réflexions font enfin penser au « Dernier Jour d'un condamné » (Hugo), et on retrouve, selon moi, une condamnation de la peine de mort par Camus.


3) Il y a un autre personnage qui mériterait malheureusement l’appellation «d'étranger » : l'arabe victime de Meursault. Il est anonyme, n'a pas de nom et pas d'histoire, on parle à peine de lui dans le procès. Aucun témoin ne vient le défendre et sa famille ne reçoit pas d'indemnités. On en vient même à l'oublier devant l'anomalie Meursault. Dans leur globalité, les indigènes du livre sont soumis au colonisateur : mal équipés, couteau contre revolver, et sans conscience nationale, et à peine s'indignent-t-ils quand Meursault dit avoir tué l'un de leur frère. Néanmoins, ce qui échappe au personnage, c'est qu'après 1942, l'équilibre des forces allait vite changer.


Passez une bonne semaine !


Medicis

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