Julie ou la Nouvelle Héloïse
- mehdimauteur
- 7 mars 2024
- 2 min de lecture
De Jean-Jacques Rousseau, 1761

« Il faut finir ma lettre, car la petite maman vient de finir la sienne et sort de son cabinet. Je crois qu'elle a les yeux rouges, mais je n'ose le lui dire ; mais en lisant ceci, elle verra bien que je l'ai vu. Ma bonne maman, que vous êtes méchante si vous faites pleurer ma petite maman ! »
Ce roman épistolaire dévoile l'échange de lettres passionnées entre deux amants. Alors que leur relation est mise à l'épreuve par une société archaïque où l'apparence triomphe, Rousseau prend ces mains innocentes pour débattre sur des sujets variés : l'éducation, l'amour, la religion, la pauvreté, la mort...
Comme me l'avait prédit Rousseau, les 200 premières pages ont été longues et ennuyantes. Mais à la page 200, je n'ai pas jeté le livre de fureur, ce que m'avait dit Rousseau. Non, j'ai continué pendant quatre semaines, faisait défiler le PDF sur mon téléphone entre un cours d'algorithmique et un de biologie, prenant plaisir à ma lecture, et ce jusqu'à la page 1000 !
L'auteur nous averti très bien dans l'introduction : si on est trop sérieux, on va sûrement abandonné en cours de route. Il rajoute dans l'appendice que la suite nous serait inutile de toute façon... Je ne suis pas du tout d'accord : ce livre m'a marqué même si je suis quelqu'un de sérieux !
Parmi beaucoup de choses, j'ai aimé sa façon d'être honnête sur les sentiments des personnages. Je trouve que ça ne fait pas trop « 18e siècle », si je lis Voltaire et toute son ironie à côté. Je me suis donc beaucoup identifié à Julie et Saint-Preux, qui sont incroyablement développés dans 1000 pages !
Enfin, le livre donne un aperçu des idées des Lumières, et de surcroît le combat entre Rousseau et une société fondée sur les titres et la mise en spectacle. Dans une moindre mesure, ça me fait penser à « Devdas » (1917) de Sarat Chandra Chatterjee, romance du Bengale, où Devdas et Parvati, 'réincarnations' de Saint-Preux et Julie, affrontent une société qui peine à changer.

Medicis



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